SOMMES-NOUS SI CONS QUE CELA ?

Sommes-nous si cons que cela ?

Dans une ambiance convenue, à la mise en scène théâtrale, il ne
fallait pas attendre grand-chose de cet interview présidentielle du
5 février 2009, sinon tenter d’observer les réactions de Nicolas
Sarkozy sur quelques questions plus ou moins gênantes inévitables,
portant moins sur la crise elle-même que sur sa propre personne et
sa façon de gouverner la France.

Et là, quelle surprise ! je semble être le seul à avoir vu le
président baisser culotte et faire caca au milieu du plateau, sans
que personne ni en direct, ni dans les plateaux de réaction, ni
dans la presse audiovisuelle ce matin ne l’ait relevé.

De quoi s’agit-il ? De la question posée de façon gentillette à
monsieur Sarkozy sur les manières de sa gouvernance et le rôle
symbolique du premier ministre sous sa présidence.

Notre président assume d’abord sans complexe de tout gérer, disant
que si on l’a élu, c’est pour ça…

Et de nous faire un cours sur la Vème République, en listant ses
présidents successifs en citant chacun et un ou deux de ses
premiers ministres avec lequel il aurait eu des mots, et toujours
le dernier.

Successivement, de Gaulle (avec Pompidou), Pompidou (avec
Chaban-Delmas), Giscard d’Estaing (avec Chirac), Mitterrand (avec
Fabius et Rocard), Chirac (avec Raffarin et de Villepin).

En sollicitant de façon ironique et appuyée l’approbation de ses
propos « incontestables », il a alors démontré de façon irréfutable
le contraire de son propos et la nullité des journalistes et
personnes l’y ayant suivi.

En effet, ce sophisme prémédité, destiné à évacuer toute suspicion
de mesures antidémocratiques pouvant être considérées par certains
comme pré-dictatoriales, est pourtant cousu d’une corde
blanche… mais ça passe ! et Nicolas Sarkozy va ainsi
alimenter à son avantage les rumeurs urbaines disant « qu’il fait
comme les autres et qu’y a rien à dire ! »

Car enfin, quels exemples nous a-t-il montrés ? Ceux « choisis » de
couples président/ premier ministre ayant eu des frictions
notoires… ce qui démontre bien que, conformément à la
Constitution de la Vème République, le premier ministre est bien le
chef du gouvernement (il est désigné par le président de la
République pour déterminer et conduire la politique générale de la
France) et que c’est bien parce que ceux-là ont « gouverné » qu’il y
a eu frictions, le président de la République ayant le dernier mot,
ce qui est normal aussi.

De fait, monsieur Sarkozy a opéré un glissement en passant de « Il a
le dernier mot » (réel et constitutionnel) à « Il s’occupe de tout »,
qu’il est le seul à avoir jamais pratiqué, car s’il est le premier
président à décider de tout, monsieur Fillon est du même coup le
premier à ne décider de rien..

Peut-on imaginer le général de Gaulle, au réveil, disant à son
épouse en remettant sa Rolex : « Yvonne ! J’ai rêvé de Guy Moquet !
demain, les écoliers de France liront sa lettre ! » ?

Il a par ailleurs « oublié », en bon sophiste, de citer « quelques »
premiers ministres :

– Chirac (Nicolas Sarkozy fut chargé de mission de 1987 à mai 1988
pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques au sein
du ministère de l’Intérieur)

– Balladur : ministre du Budget, porte-parole du Gouvernement dans
le gouvernement Balladur, il devrait savoir qui dirigeait la France
à cette époque, Mitterrand en étant pourtant
président…

– Jospin, qui, à moins que l’Histoire n’ait été révisée entre temps, me
semblent bien avoir gouverné ce pays, leurs présidents respectifs
n’ayant plus qu’un pré carré, parfois bien défendu.

Nous avons donc appris par conséquence que Jacques Chirac
s’occupait de tout lors de ses mandats présidentiels, ce n’est pas
ce que monsieur Sarkozy avait prétendu lors de ses vœux (mais
c’était il y a un mois, il a pu changer d’avis entre temps, nous en
avons l’habitude).

Quelques instants plus tard, les épisodes de saint-Lô  et les
conséquences sur un préfet et un commissaire ont été évacués de
façon similaire : quand il y a des troubles de l’ordre public,
c’est qu’il y a eu des manquements, la sanction est donc normale et
cela n’a rien à voir avec moi…

J’en déduis donc que les manifestations sont interdites, que pour
faire valser un préfet, il suffit de manifester même de loin contre
ce Président et que mai 68 n’a jamais existé.

En effet, sous la présidence du modèle préféré de Nicolas Sarkozy,
le général de Gaulle, le préfet de police en poste lors des
évènements s’appelait Maurice Grimaud, il était en place depuis
1966… et a cependant exercé ses fonctions jusqu’en
1971.

Bravo mesdames messieurs les journalistes ! pour votre
intelligence, votre culture, votre courage, votre clairvoyance,
votre temps de réaction et votre irrévérence.

Grâce à vous, on comprend mieux ce qui se passe. Tout !

Camille, le 6 février 2009 .

 

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