UN DÉTAIL QUI TUE (« Le p’tit camp perdu »)

LE P’TIT CAMP PERDU

Je suis bien plus qu’octogénaire,
Et pendant la guerre j’ai souffert.
D’l’univers concentrationnaire,
Maint’nant je souffre d’Alzheimer.
Et je ne peux me rappeler
Ce petit camp qui s’appelait…
Qui s’appelait…
qui s’appelait…
qui s’appelait…
Non je ne me souviens plus
Du nom du camp perdu.
Ce dont je me souviens
C’est que jeunes et vieux
Ne regardaient plus rien autour d’eux.
C’était l’indifférence
Dans leur regard battu,
Alors quelle importance
Le nom du camp perdu ?
Non je ne me souviens plus
Du nom du camp perdu.
Ce dont je me souviens
C’est qu’ils étaient debout
Marchant à moitié fous
Mais c’était rien…
Mais c’était rien…
On mangeait à même la terre,
Toujours maltraités et battus.
Mais même cela ne durait guère
Chaque jour, tant de disparus
Et tous nos gardiens souriaient
Dans ce petit camp qui s’appelait…
Qui s’appelait…
qui s’appelait…
qui s’appelait…
Non je ne me souviens plus
Du nom du camp perdu.
Ce dont je me souviens
C’est que jeunes et vieux
Ne regardaient plus rien autour d’eux.
C’était l’indifférence
Dans leur regard battu,
Alors quelle importance
Le nom du camp perdu ?
Non je ne me souviens plus
Du nom du camp perdu.
Ce dont je me souviens
C’est qu’ils étaient debout
Marchant à moitié fous
Mais c’était rien…
Mais c’était rien…
Et depuis quand un blondin couard
Arrive et dit à la télé
Que c’est un détail de l’histoire
Que ce n’est rien, que c’est léger.
J’aimerais bien voir les lepénistes
Dans ce petit camp qui s’appelait,
Qui s’appelait…
qui s’appelait…
qui s’appelait…
Non je ne me souviens plus
Du nom du camp perdu.
Ceux dont je me souviens
Font partie des détails
Ces gens qu’on tuait comme bétail
Avec l’indifférence
Qu’on accorde aux foutus,
Alors quelle importance
Le nom du camp perdu ?
Non je ne me souviens plus
Du nom du camp perdu.
Ce dont je me souviens
C’est qu’on était debout
Refusant d’être fous
Et c’était bien…
Et c’était bien

Chanson :  » Le p’tit camp perdu  » SACEM ©2009
Paroles : Camille
Interprétation : Jean-Marie

Chanson originale :  » Le p’tit bal perdu »
(connu aussi sous le titre « C’était bien », 1962)
Paroles : Robert Nyel
Musique : Gaby Verlor

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel & Camille Gomès, chansonniers

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