JEUNE ET CON

Tout arrive, le meilleur ou le pire, l’un se nourrissant souvent de l’autre. C’est là notre première chanson originale : il y en aura sans doute de plus gaies, d’autres de moins sincères.
Mais la vie commande, pas nous, et il faut bien de temps en tempsque s’ouvrent les yeux des sourds…

À ma « famille », qui n’en sut jamais tant…
À Jean-Marie, complice des bons et mauvais jours, qui le mit en musique.

Je ne fus jamais plus heureux
Que lorsque j’étais jeune et con
Avec du soleil dans les yeux
Et sur les lèvres une chanson
J’avais alors des certitudes
Comme on en a l’âge idiot
Croyant longtemps que les études
Si on les mène avec brio
Étaient un passeport-bonheur
La clé de toute réussite
Le triomphe des vraies valeurs
L’hommage rendu au mérite
Je ne me savais pas heureux
Alors que j’étais jeune et con
Enfin, si ! mais je voulais mieux
Je voulais tout, je voulais qu’on
Regarde un peu pousser mes feuilles
Que les filles apprécient mes fleurs
Et même que certaines cueillent
Sur ma bouche un peu de mon cœur
J’avais des idées romantiques
Sur la vie, l’amour, l’amitié
Des idées hautement éthiques
Dans mon monde de vérités
Je ne pouvais rester heureux
Un peu moins jeune et toujours con
Je croyais que j’étais comme « eux »
Ce fut une rude leçon
« Eux », mes copains, amis, mes frères
C’est ce que je croyais alors
« Ne pouvaient rien de mal me faire »
La vie montra que j’avais tort
Même l’amour aux yeux si bleus
Qui sut détourner ma raison
Me planta en plein cœur un pieu
J’appris ce jour la trahison
Je ne fus plus jamais heureux
Quand bien moins jeune et bien moins con
J’essayais de survivre au mieux
La vie m’ayant donné leçon
J’avais cru construire un palais
Aux colonnes inaltérables
Crimes d’amour et d’amitié
Abattirent ce misérable
Depuis je ne suis plus le même
Et ma confiance en tout s’égare
Je ne sais plus dire je t’aime
Et n’ouvre plus certains placards
J’aurais pu encore être heureux
Autrement, tout à prendre est bon,
Si, lors que je devenais vieux
J’avais reçu de l’affection
De ceux qui pour moi dans la vie
Demeuraient tout ce que j’aimais
Devant lesquels, mes tout petits
En père aimant, je me pâmais
Ai-je manqué de savoir-faire
Je ne sais plus, je ne sais pas
J’en pleure à chaque anniversaire
Sans en vouloir à ces ingrats
Mais au fond, comment être heureux
Quand on n’est plus un jeune con
Ignorant des règles d’un jeu
Qui changent à chaque saison
Pour moi, le bonheur est ailleurs
Et je souhaite qu’ils le comprennent
Nous sommes et je le dis sans peur
De simples maillons d’une chaîne
Aimer, toujours, et sans faiblesse,
C’est là la plus belle leçon
J’oserais tout, je le confesse
Pour redevenir jeune et con

À Savignac-de-Miremont, janvier 2011.

Chanson : « Jeune et con » SACEM ©2011
Paroles : Camille Gomès
Musique, instruments et interprétation : Jean-Marie Quesnel

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2 réflexions sur “JEUNE ET CON

  1. Je ne vous ai encore jamais dit que l’un de mes jeux favoris a t jusqu’ miaintenant, rception d’un nouveau texte, d’en deviner l’original. j’y russissais trs souvent. pas cette fois. Et pour cause..
    C’est trs beau, plein de tendresse et de douceur, mais aussi de…..maturit. C’est trs bien crit et la musique mlancolique complte magnifiquement le texte. Bravo tous les 2.
    Snif….

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