T’INQUIÈTE, LA ROUE DU PROGRÈS TOURNE SANS JAMAIS S’ARRÊTER

La forme même des pyramides d’Égypte montre que déjà les ouvriers avaient tendance à en faire de moins en moins, affirmait Will Cuppy. La diminution du temps de travail est une constante historique associée au progrès et à l’évolution inéluctable de la société des hommes. Dans notre belle France, il fallut attendre une loi de 1841 pour limiter le temps de travail des enfants à 12 heures par jour de douze à seize ans, et à 8 heures par jour de huit à douze ans.  Prétendre aller dans le sens opposé est à la fois révélateur et insignifiant…

Quand l’homme primitif recherchait sa pitance
Pêchant, chassant, cueillant dans l’but d’remplir sa panse
C’était évidemment un travail à plein temps
Il n’comptait pas ses heures dans les bois et les champs
Il était sans patron, mêm’ si sa Cromignonne
Lui reprochait souvent son goût pour la braconne
Et d’aller trop traîner, au bord de la rivière
Avec quelques luronnes, disant « J’n’ai pris qu’un ver »
T’inquiète, la roue du progrès
Tourne sans jamais s’arrêter
Et puis il y eut des chefs, qui n’en foutaient pas une
Profiteurs patentés, qui promettaient la lune
À qui tout était dû, cuissages et cuissots,
Qui se servaient d’abord, et les meilleurs morceaux.
Si longtemps on troqua, fut inventée la thune
Permettant aisément d’amasser des fortunes
Et la part du lion grossit, vaille que vaille
C’est à ce moment-là que naquit le travail
T’inquiète, la roue du progrès
Tourne sans jamais s’arrêter
On fit donc des esclaves, au sortir des batailles
Avec pour seul contrat : « Tu crèves ou tu travailles !
Si tu veux sous un toit assurer protection
D’ta femme et d’tes enfants, faudra faire attention
Si tu veux leur survie, ne compte pas tes heures
Pendant que ton patron sur toi fera son beurre. »
Tu apparus alors, race des fainéants,
Toi qui mis au travail les pauvres, les manants
T’inquiète, la roue du progrès
Tourne sans jamais s’arrêter
La journée de douze heures devint une habitude
Pour les petits enfants, non, pas question d’études
Il fallait travailler, ce dès son plus jeune âge
Amasser quelques sous en vue d’un mariage
Les seigneurs, les bourgeois et les gens de l’Église
Avaient des serviteurs, des laquais, des commises
Auxquels ils assuraient d’être logés, nourris
Contre être corvéables et taillables à merci
T’inquiète, la roue du progrès
Tourne sans jamais s’arrêter
Un jour fut décidé que ce serait huit heures
Il fallait éviter quand même que trop meurent
Ce n’était pas rentable et les révolutions
Finissaient par donner de l’imagination
Aux peuples, aux ouvriers et aux gens de la terre
Qui ne supportaient plus l’côté héréditaire
De cette transmission presque de droit divin
Laissant aux travailleurs les miettes du festin
T’inquiète, la roue du progrès
Tourne sans jamais s’arrêter
Et puis la gauche vint, avec les quarante heures
Le Front Popu l’osa, la réforme majeure
Celle qui délivra du bagne les Français
Et leur permit un peu enfin de respirer
Car ouvrir un bouquin, faire une promenade
Prendre un peu de repos, boire une limonade
Excepté le dimanche pour les non-baptisés
Faisait partie d’un vœu jamais réalisé
T’inquiète, la roue du progrès
Tourne sans jamais s’arrêter
Avec une heur’ de moins, Tonton tint ses promesses
La durée du travail fut soumise à la baisse
Les gens avaient le temps de lire, de penser
D’aller au cinéma, de rire, de danser
Déjà certains patrons, pressentant la menace
Inquiets pour leur argent, en faisaient la grimace
Martine Aubry faisant voter les trente-cinq heur’s
A réduit les profits des quarante voleurs
T’inquiète, la roue du progrès
Tourne sans jamais s’arrêter
Cela ne peut durer, il faut que l’on comprenne
Que si Sarko est roi, la finance est la reine
Que les fonds de pensions n’ont aucun sens moral
Et que si Dieu existe, il a nom Capital
Pour sauver le Veau d’or, des milliards à la pelle
Pendant que des milliards cherchent dans les poubelles
Si l’on veut contrarier le courant de l’Histoire
Le peuple votera, maître des isoloirs
T’inquiète, la roue du progrès
Tu n’ l’empêch’ras pas de tourner

Chanson : « La roue du progrès » SACEM ©2011
Paroles : Camille
Guitares et interprétation : Jean-Marie

Chanson originale : « Les trompettes de la renommée » (1962)
Paroles et musique : Georges Brassens

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Une réflexion sur “T’INQUIÈTE, LA ROUE DU PROGRÈS TOURNE SANS JAMAIS S’ARRÊTER

  1. Le mec qui n’a « pris qu’un ver », gnial! =))))))
    Trs beau texte encore une fois. Et nous verrons bien comment votera le peuple de France. L’espoir fait vivre, parat-il……….

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