DRÔLE D’ÉPOQUE

 Le 23 février 2008, à l’occasion de sa première visite présidentielle au Salon de
l’agriculture, Nicolas Sarkozy avait volé la vedette aux animaux de la ferme la plus courue du moment, pour le plus grand bonheur des cours de récréation longtemps égayées par des « Casse-toi, pauv’con ! » des plus classieux, l’exemple venant « d’en haut »…
Le dilemme rencontré par les enseignants fut grand : punir, c’était contester le chef de l’État, ou pour le moins dénoncer son manque d’éducation et de politesse, ce que certains parents leur auraient reproché, à cette bande de gauchistes anarchisants et incapables, faisant de la politique à l’école ; tolérer en faisant mine de n’avoir pas entendu, c’était confirmer les accusations de laxisme et d’incompétence dont le pouvoir ne se prive pas…
D’autant qu’Hervé Eon, pour avoir à Laval écrit « Casse-toi, pauv’con ! » sur une pancarte , fut condamné devant le tribunal d’Angers. À juste titre d’ailleurs, mais en fait pour diffamation… pauvre ?

Un président, drôle d’époque, au gué, au gué
A dit « Pauv’ con ! » à un manant, au gué, au gué
En y réfléchissant sans se prendre la tête
Sans vouloir forcément chercher la petit’bête
Cela devrait-il nécessiter une enquête ?
Drôle d’époque
Mais que la France lui pardonne, au gué, au gué
L’président était énervé, au gué, au gué
On aurait pu croire en l’voyant ainsi répondre
Qu’avec lui, surtout, il ne fallait pas confondre
Qu’il ne serait jamais un p’tit mouton à tondre
Drôle d’époque
C’était hélas pour s’assurer, au gué, au gué
D’autr’cons la popularité, au gué, au gué
Il proclama bien fort du salon de l’Agriculture
« Il n’y a que les ballots qui tiennent vraiment à la Culture
La grossièreté nous vient tout droit de la nature ! »
Drôle d’époque
Il prônait un vocabulaire, au gué, au gué
Reniant les bonnes manières, au gué, au gué
Et faute de les affronter, au gué, au gué
Insultait les cons sans danger, au gué, au gué Et petit à petit, au gué, au gué
On a tout su de lui, au gué, au gué
On a su qu’ses parents venaient de la Hongrie
Et qu’il était capable de risquer sa vie
Pour le plaisir de dire « Pauv’con ! » à un débile
Drôle d’époque
Que c’était un petit malin, au gué, au gué
Que d’l’argent, il en avait plein, au gué, au gué
Et que les décisions ici, au gué, au gué
C’était pas Fillon, c’était lui, au gué, au gué
C’est même en prenant des mesures pathétiques
Qu’il fut lâché par tous ses amis politiques
Qu’une motion de censure fut votée par sa clique
Drôle d’époque
Parce que vraiment il était temps, au gué, au gué
Qu’la France ait un gouvernement, au gué, au gué
Il finit comme il put l’mandat original
Puis ensuite exigea la tête du Front National
Tout en revendiquant l’esprit du Général
Drôle d’époque
Alors la France en brunissant, au gué, au gué
Coucha z’avec son remplaçant, au gué, au gué

Chanson : « Drôle d’époque » SACEM ©2008-2011
Paroles : Camille
Guitares et interprétation : Jean-Marie

Chanson originale : « Corne d’aurochs » (1952)
Paroles et musique : Georges Brassens

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