LES CHANTS DU DÉPART

Nicolas Sarkozy à l’évidence ne fait pas l’unanimité… Oui, bon, c’est vrai, il n’a pas fait non plus la majorité… certains vont même jusqu’à dire que son fantôme la défait, après la défaite… l’ex majorité… faudrait suivre un peu, là ! Non, Pelat, c’est autre chose… Pelat, c’est Mitterrand… mais non, pas Frédéric… l’autre… et pis zut, tiens…ciao, mon pote ! Dis… t’aurais pas une Gitane ?

Mon ex-président, c’est un mec classieux
Franchement des comme lui, ben y en a pas deux
On a fait un club avec Morano
Pour dire à tout le monde qu’on est pour Sarko
Il n’est entouré que de gens honnêtes
La justice se plante quand elle les arrête
Toujours bien sapé, l’est beau comme un dieu
Mon ex-président, c’est un mec classieux
Mon ex-président, c’est un mec galant
Avec les pouliches, l’est toujours partant
Il a maqué une, qui gratte sa guitare
Qui, ça me fout l’ blues, lui a fait un chiare
C’est pas la première, la pauvre petiote
Elle est pas la seule chez qui il marmotte
Il nous veut qu’du bien, l’a ses arguments
Mon ex-président, c’est un mec galant
Ton ex-président un jour est parti
Parc’qu’on l’a poussé, le pauv’ Sarkozy
Ce type là était un grand magicien
Qui nous la mettait, moi j’ la sentais bien
Cinq ans, ce fut dur de le supporter
Y avait la chaudière qu’allait exploser
Ton ex-président, il a retrouvé
Son haussement d’épaules et il s’est taillé
T’as eu l’impression de perdre un ami
Moi il m’a piqué mes économies
Il a refilé à ses bons p’tits potes
L’fric du populo et toutes nos cagnottes
C’mandat politique, il m’en est resté
Quand je pense à lui, l’envie de gerber
Toi l’ex-président qui sentais le caviar
T’as pu t’le payer que parce qu’on fut poires

Chanson : « Mon ex-président » SACEM ©2012
Paroles : Camille
Interprétation : Jean-Marie

Chanson originale : « Mon pote le gitan » (1954)
Paroles : Jacques Verrières
Musique : Marc Heyral

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel/Camille Gomès, chansonniers

TETE BASSE A DAMAS, ÇA LASSE…

Syrie en zoom sur la carte, avec en lettres de sang dégoulinantes :
BACHAR M’A TUER…
Le père assassina le Liban, le fils moins imaginatif tue son peuple, qu’il a sous la main.
Que fait-on ? Rien ! Pas de pétrole comme en Libye ou en Irak, donc pas de BHL ni de devoir d’ingérence. On « condamne de loin », on « prend des sanctions »… pendant « qu’on » meurt.
Chaque jour.

Dans ce monde de fous, et sous l’oeil des nations
Où pour la faire taire, on tue l’opposition,
Damas était en guerre contre son populo
Et Bachar le boucher refusait du boulot
La Syrie
Dans les cris des tortures
Menait une aventure
Dont on ne voulait pas
La Syrie
De la mer à Rakka
C’est là qu’on ne peut pas jouer les p’tits soldats
La Chine, la Russie ont dit niet
C’est leur stratégie
Il n’est pas question que ça s’arrête
Assad est un ami
La Syrie
Où règnent les fusils
Des tueurs paradis
La Syrie
Ce n’est pas un moment à faire du mélo
Il serait temps pourtant qu’on stoppe ces salauds
Ces réels criminels contre l’humanité
Massacrant chaque jour en toute impunité
La Syrie
Dans les cris des tortures
Menait une aventure
Dont on ne voulait pas
La Syrie
De la mer à Rakka
C’est là qu’on ne veut plus jouer les p’tits soldats
Vous me direz : « Et l’Irak, peut-être ? »
Et vous aurez raison
Mais on a l’Afghanistan en tête
Qui nous coûte bonbon
La Syrie
Où règnent les fusils
Des tueurs paradis
La Syrie
Morts, vous n’êtes que morts, mais dans mes souvenirs
Certains m’empêcheront bien souvent de dormir
D’un peuple assassiné dans un État prison
Sans que son chef ne soit mis au ban des nations
La Syrie
Dans les cris des tortures
Menait une aventure
Dont on ne voulait pas
La Syrie
De la mer à Rakka
C’est là qu’on aurait dû jouer les p’tits soldats
On verra ce que dira l’Histoire
A nos petits enfants
D’la Syrie où notre seule gloire
Ce fut d’être prudent
La Syrie
Où règnent les fusils
Des tueurs paradis
La Syrie

Chanson :  » La Syrie » SACEM ©2012
Paroles : Camille
Chant : Jean-Marie

Chanson originale : « L’Algérie  » (1975)
Paroles : Serge Lama
Musique : Alice Dona

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel/Camille Gomès, chansonniers

DIS, PAPA… LES CLOWNS… ILS VONT REVENIR UN JOUR ?

Pas de chance pour les humoristes : les élections nous ont fait passer brutalement des comiques aux commis de l’État, et l’humour y a perdu ce que la France y gagne chaque jour.
Faut-il aller jusqu’à le regretter, les regretter ? Quand même pas, mais bon…

Rendez-nous, rendez-nous l’UMP,
L’UMP qui dit rien qu’ des bêtises
Qui venait chaqu’ soir à la Télé
Pour nous abreuver de balourdises
L’UMP et tous ses r’présentants
Dont l’Q.I. est si proche du Guéant
C´est pas qu´on s´embête
Avec les p’tits nouveaux
Marchent leurs gambettes
Tout autant qu’court leur p’tit cerveau
L’équipe du PS
Commence assez bien
N’en déplaise à la Pécresse
Ni même au Raffarin
Nous, ce qui nous manque
Cela est bien normal
Ce sont les conn’ries
Qui émaillaient chaque journal
Bourdes quotidiennes
D’apprentis-acteurs
Qui r’filaient son taf de graine
Au chansonnier moqueur
Rendez-nous, rendez-nous l’UMP,
L’UMP qui dit rien qu’ des bêtises
Qui venait chaqu’ soir à la Télé
Pour nous abreuver de balourdises
L’UMP et tous ses drôles d’oiseaux
Dont certains sont loin d’faire du Gu-aino (prononcer comme guano)
Je cherche sans trêve
Tout comme Jean-Marie
Des thèmes de rêve
Pour écrire mes parodies
Franchement, j’ dois dire
Qu’la gauche nous gâte pas
On a des poupées en cire
Qui nous rest’nt sur les bras
Des mecs qui travaillent
C’est pas très rigolo
Avant, vaille que vaille
On avait le choix des charlots
On avait Nadine
Qu’a du mal à s’taire
Lefebvre inutile
Avec son Zadig et Voltaire
Rendez-nous, rendez-nous l’UMP,
L’UMP qui dit rien qu’ des bêtises
Qui venait chaqu’ soir à la Télé
Pour nous abreuver de balourdises
L’UMP et tous ces prétentieux
Qui disaient : « Impossible de faire mieux »
Bien moins de Buisson
Et de Rosso-Debord
Bien moins de Bertrand
De Benjamin Lancar encore
Douillet en vacances
Et Roselyne Bachelot
À la télé on déplore
La mort d’ces cachalots
Balkany l’honnête
Qui fait des réflexions
Je s’rais à sa place
Je donnerais dans la discrétion
Et puis la cerise :
Le club des amis
(il en aurait, quelle surprise
Notre « ami » Sarkozy)
Rendez-nous, rendez-nous l’UMP,
L’UMP qui dit rien qu’ des bêtises
Qui venait chaqu’ soir à la Télé
Pour nous abreuver de balourdises
L’UMP et ses communicants
Qui nous manquent, le changement c’est maintenant

Chanson : « Rendez-nous l’U.M.P. » SACEM ©2012
Paroles : Camille
Interprétation : Jean-Marie

Chanson originale : « Donnez-nous des jardins » (1974)
Paroles et musique : Pierre Perret

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel/Camille Gomès, chansonniers

Créédits images :
http://www.archive-host.com/files/1668955/4e672b95c889adfa81edbc6a9b6
007dd5ef680ac/CREDITS_IMAGES_RENDEZ_NOUS_L_UMP.odt

P.S.A. : AULNAY PAS COUCHE !

Si certains petits cadeaux entretiennent l’inimitié en politique, que dire de celui assez prévisible que PSA a réservé au gouvernement en annonçant la suppression de plusieurs milliers d’emploi et la fermeture du site historique d’Aulnay-sous-Bois ? Les dénégations de la direction arguant de la conjoncture et non d’une bien plus vraisemblable manœuvre politique visant à ne pas gêner la candidature présidentielle de Nicolas Sarkozy apparaissent insoutenables (à suivre…)

P.S, P.S.A., honte, oh, on t’aura
P.S, P.S.A., honte, oh, on t’aura
Ils n’ont pas su gérer la crise
Ils vont supprimer des emplois
P.S, P.S.A., honte, oh, on t’aura
La manœuvre emplie de traîtrise
Fut bien tôt dévoilée ma foi
P.S, P.S.A., honte, oh, on t’aura
Les travailleurs que l’on méprise
Ne mangent pas de ce pain-là
P.S, P.S.A., honte, oh, on t’aura
Pour les ceuss que cela défrise
Dites merci à Nicolas
P.S, P.S.A., honte, oh, on t’aura
Patrons, n’attendez pas de brise
Mais tempête ou tsunami, là
P.S, P.S.A., honte, oh, on t’aura
Pensez : la Bastille fut prise
Pour bien moins que ces raisons-là
P.S, P.S.A., honte, oh, on t’aura
Ils n’ont pas su gérer la crise
Ils vont supprimer des emplois
P.S, P.S.A., honte, oh, on t’aura
P.S, P.S.A., honte, oh, on t’aura

Chanson : « P.S. , P.S.A. » SACEM ©2012
Paroles : Camille
Interprétation : Jean-Marie

Chanson originale : « Elaeudanla Téïtéïa » (1963)
Paroles et musique : Serge Gainsbourg

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel/Camille Gomès, chansonniers

CHANSONNIER : PROFESSION SINISTREE, SOLIDARITE

On le sentait venir de loin. De très loin. La droite a menti une fois de plus.
Avant l’élection, elle nous disait, à nous, humoristes : « Ne vous en faites pas… ayez confiance… la droite n’a pas le monopole de la connerie, de l’impudeur, de l’incompétence et du cynisme. Vous verrez, sous la gauche, vous allez vous régaler, vous en mettre jusque là, ça va être le bordel, les promesses électorales vont voler en éclats, le gouvernement fera comme nous, passera à toute heure à la télé au lieu de bosser et ira se faire dorer la pilule au soleil avec les marchands d’armes, comme les copains… vous allez vous gaver ».
Et bien je leur dis : « Mon cul ! Mon cuuuuuuuuuul ! ». Rien quasiment à se foutre sous la dalle, pas le plus petit morceau de couche ou de Morano… figurez-vous que ces abrutis se sont mis en tête de respecter leurs engagements : c’est à vous dégoûter de la politique et de l’humour…
Chers amis, venez nombreux manifester en notre faveur au défilé du 14 juillet (nous devrions défiler entre les saint-cyriens et les polytechniciens, tous revêtus d’une salopette à la Coluche avec une plume d’autruche dans le fion, nous nous reconnaîtrons entre nous, je pense).
Notre mot d’ordre sera :
CHAN-SON-NIERS SI-NIS-TRES SO-LI-DA-RI-TE
CHAN-SON-NIERS SI-NIS-TRES SO-LI-DA-RI-TE
CHAN-SON-NIERS SI-NIS-TRES SO-LI-DA-RI-TE
CHAN-SON-NIERS…

Ce soir, et que le diable l’emporte
Mon esprit reste à la porte
L’inspiration s’éteint
Ce soir c’est une actu monotone
Qui nous laisse tous atones
Et je crois dans le pétrin
Que reste-t-il pour notre humour
Que reste-t-il de ces discours
Pleins de Sarko, de Morano
Ou de Pécresse
Que reste-t-il de ces Guéant
De ces Lefebvre, de ce néant
La nostalgie qui nous poursuit
Sans cesse
Billevesées du président
De Balkany, de Devedjian
Que reste-t-il de ce bla-bla
Dites-le-moi
Un grand chômage, un bouclier
Un SDF si bien caché
Et dans une image le beau bronzage
De mon Copé
Les maux les maux pénibles qui durent
L’héritage qu’on endure
Grand merci à Nicolas
L’erreur qu’on retrouve dans le livre
De la dette qui rend ivre
Nous font la gueule de bois
Que reste-t-il pour notre humour
Que reste-t-il de ces discours
Pleins de Sarko, de Morano
Ou de Pécresse
Que reste-t-il de ces Guéant
De ces Lefebvre, de ce néant
La nostalgie qui nous poursuit
Sans cesse
Billevesées du président
De Balkany, de Devedjian
Que reste-t-il de ce bla-bla
Dites-le-moi
Un grand chômage, un bouclier
Un SDF si bien caché
Et dans une image le beau bronzage
De mon Copé
De mon Copé

Chanson : « Que reste-t-il pour notre humour ? » SACEM ©2012
Paroles : Camille
Interprétation : Jean-Marie

Chanson originale : « Que reste-t-il de nos amours ? » (1942)
Paroles et musique: Léo Chauliac et Charles Trenet

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel/Camille Gomès, chansonniers

COPE NE LÂCHERA PAS LA GROSSE CAISSE

La guerre pour l’horizon 2017 a commencé à l’UMP.
Pas question de courants,ni de programmes, mais un seul objectif : la clé de la cagnotte, qui financera la candidature gagnante. On sait en partie ce qu’il advint de la campagne d’Édouard Balladur (bientôt la suite, espérons-le) et de la victoire de Jacquou le Croqueur de pommes parce qu’il tenait le parti et la combinaison du coffre : Couille-molle ne s’en releva pas. Fillon l’a bien compris, et sait que son unique chance passe par la conquête du parti avant celle de l’opinion : on ne voit pas alors comment le conglomérat d’intérêts divers qu’est l’UMP pourrait éviter un inévitable clivage et ne pas exploser en un faux-centre fillonnesque et une droite populaire élargie copénicienne. Qui vivra verra…

Qui c’est qu’est à la traîne ? C’est ma marraine
Qui c’est qui fait d’la peine ? C’est la Le Pen
Qui c’est qui suce peton ? C’est Georges Tron
Qui fait pleurer ? C’est les oignons
Qui c’est qu’est pas Lancôme ? C’est le Lancar
Qui c’est qui qu’a d’la haine ? C’est le connard
Qui c’est qui fait des sous ? L’ Moranothon
Mais qui fait Sarkozy ? C’est le Fifi, c’est le Fillon
Ah! Mais non ! Ah ! Mais non !
C’est pas le Fillon
C’est pas le Fillon
Ah ! Mais non ! Mais non !
Celui qui Sarkozie
Sarkozie, vrai de vrai
C’est bien le Copé, c’est le Jean-Françoué
Qui c’est qui fait poivrot ? C’est le Borloo
Qui c’est qui perd kilos ? C’est la Bach’lot
Qui c’est qui m’fait marrer ? C’est le Bertrand
Qui fait l’muet? C’est le Guéant
Qui c’est qu’on n’entend plus ? C’est la Dati
Qui c’est qu’on ne voit plus ? C’est Sarkozy
Qui c’est qui fait les deux ? Zohra ! Ah bon
Mais qui fait Sarkozy ? C’est le Fifi, c’est le Fillon
Ah! Mais non ! Ah ! Mais non !
C’est pas le Fillon
C’est pas le Fillon
Ah ! Mais non ! Mais non !
Celui qui Sarkozie
Sarkozie, vrai de vrai
C’est bien le Copé, c’est le Jean-Françoué
Qui c’est qu’a plus d’ juppettes ? C’est le Juppé
Qui c’est qu’a l’escopette ? C’est le Copé
Qui c’est qui nous rappelle qu’sa frite est belle ?
C’est le cha cha c’est le Chatel
Qui c’est qui sert à rien ? C’est l’Raffarin
Qui l’vieux port a bouché ? C’est le Gaudin
Dire que c’est l’avenir de l’UMP
D’choisir un d’ces couillons
Ou bien alors François Fillon
Ah! Mais non ! Ah ! Mais non !
C’est pas le Fillon
C’est pas le Fillon
Ah ! Mais non ! Mais non !
Celui qui Sarkozie
Sarkozie, vrai de vrai
C’est bien le Copé, c’est le Jean-Françoué
Celui qu’a les patates du parti, vrai de vrai
C’est bien Jean-Fran-Fran, c’est bien Jean-Françoué

Chanson: « Le Fillon »SACEM ©2012
Paroles : Camille
Interprétation : Jean-Marie

Chanson originale: « Les grillons » 1989
Auteurs compositeurs : Pierre Delanoë – Pierre Vassiliu – Hubert Giraud

SI J’OSE, QUEL BORDEL, CETTE POIGNÉE DE MAIN !

Inutile d’écrire des romans sur la pogne, disait le boulanger drômois.
La poignée de mains est « vieille comme mes robes », et faite pour la montrer vide d’arme, ou échanger des signes de fraternité. Il est des contrées où elle est inconnue, ou mal vue, ce qui en démontre le caractère conventionnel bien éloigné d’une quelconque universalité.
Le savoir-vivre ne la prône pas en public, ni même en réunion où seul l’hôte y a droit… bref, beaucoup se pensent polis et se trompent du tout au tout.
Si refuser une main tendue équivaut à une offense, la tendre l’est parfois plus encore, quand l’interlocuteur ne saurait la prendre…
Imaginerait-on Hitler tendant la main à Anne Franck ou à Jesse Owens, Marine tendant sa main droite à Jamel Debbouze, Jacques Martin à Nicolas Sarkozy, ou chaque étudiant à son prof en entrant dans l’amphi… Si l’on vous proposait une main manifestement sale, poisseuse, léprosée, la serreriez-vous ?
Un regard, un sourire, un hochement de tête, une parole aimable… à quelques exceptions très particulières de situation, la bonne éducation n’en demande pas plus, et l’hygiène ne peut qu’en être satisfaite.

J’entends les gens qui parlent de
Poignée de main et c’est fâcheux
Je pense que certains ont tort
Car sans négliger sa valeur
Si elle vous met haut le coeur
Mieux vaut s’en passer sans remords.
Soudain sur votre route, vous pensez en mourir,
Quatre bien-malveillants, tous capables du pire
Manquant de savoir-vivre et d’hygiène parfois
Qui tienn’nt à vous coller paluche entre les doigts
La première main que je pris
Sentait l’oignon et l’ail pardi
La deuxième aux ongles trop courts
Semblait revenir des labours
Si la troisième tant brillait
C’est que huileuse, elle restait
La quatrième, c’est affligeant
Avait gratté le cul de Jean
Car, aujourd’hui, c’est entendu
Sans être lourd, on ne peut pas
Refuser une main tendue
Ou bien ne pas tendre le bras
Et moi pauvre petit couillon
J’ai dû leur serrer le moignon
Monk aurait fait sa crise de nerfs
Quelle misère!
Que cela soit à l’Assemblée
Entre the Queen et l’Irlandais
Le pauv’ con du Salon encore
Rien à voir avec les copains
Celle qu’on donne aux gens de bien
J’ignore les cons sans remords.
Si l’on croise ma route en me tendant la main
Je la prendrai souvent, mais obligé de rien
Car c’est une des pir’s sensations qui soient
Que d’ainsi saluer ceux que l’on ne veut pas
Le premier était con, peuchère
Cela ne me dérangea guère
Le deuxième, mon percepteur
M’a rendu tous mes doigts à l’heur’
Le troisième sortait du mitard,
Pour avoir giflé un connard
Le quatrième, c’est impudent
Refusa celle d’un président
Car, aujourd’hui, c’est entendu
Sans être lourd, on ne peut pas
Refuser une main tendue
Même si elle a levé le bras
Je ne saurais serrer la main
Qu’à des copains, qu’à des gens bien
Comme tous ces derniers lascars
Loin de Lancar
L’histoire de la poignée de main
Montre qu’elle ne servait bien
Qu’à montrer encore et encore
Entre deux ennemis jurés
Souvent près de s’entre-tuer
Qu’on n’avait pas d’arme de mort.
A disparu toute trace d’éducation
Le serrement de pogne est une aberration
Car c’est une des pir’s obligations qui soient
Que de devoir serrer mimine à tour de bras
Le premier dit : « Casse-toi, pauv’con »
À qui refusait son moignon
La deuxièm’, que l’on oubliera
Serra là celle de l’IRA
Si la troisième, mal députée
Sans main tendue fut ignorée
Les quatrièmes, furent souvent
De dictateurs au président
Car, aujourd’hui, c’est bien connu
Sans être louche, on ne peut pas
Serrer la main des parvenus
Qui massacr’nt leurs peuples ici-bas…
Alors cette poignée de main,
Que l’on veut imposer demain
Il dit que c’est que pour l’argent
Le cul de Jean !

Chanson : « La poignée de main » SACEM ©2012
Paroles : Camille
Guitares et interprétation : Jean-Marie

Chanson originale : « La rose, la bouteille et la poignée de main» (1969)
Paroles et musique : Georges Brassens

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel/Camille Gomès, chansonniers

Crédits images : http://www.archive-host.com/files/1655325/4e672b95c889adfa81edbc6a9b6007dd5ef680ac/CREDIITS_IMAGES_POIGNEE.odt