L’ARGENT DE LA VIEILLE ET LE PETIT AGNEAU (« Sur la sellette »)

En ces Pâques où tant d’agneaux sont traditionnellement sacrifiés, j’en vois un qui gigote, au milieu de ses amis bêlant et rebellant, refusant le glaive, discréditant par avance le boucher bouché, avançant de façon croient-ils adroite qu’il serait de gauche espérant faire pencher la balance, reculant dans le temps jusqu’à comparer ce juge gentil à un juge naguère fautif, si peu, ou trop, regrettant de n’être plus aux affaires et posant l’ancien président des agneaux en bouc émissaire, en ces temps où certaines vaches tournent en bourriques.
Bref, c’est la chienlit… moi, Médor, je vous le dis !

Voilà Mamie Zinzin
Mine de rien, qui revient
Sur la sellette
D’elle, on ne parlait plus
Elle avait disparu
De nos gazettes
Mais voici qu’aujourd’hui
Le juge Gentil
Réveille l’opinion
Visant Sarkozy
Car n’oublions jamais
Règne l’égalité
Y a pas d’ vedettes
Qu’on soit ex-président
Ou charcutier
Le juge évidemment
Fait son métier
Donc rien d’inconvenant
Sauf aux gens bêtes
Bêlant
Les amis, les marquis
Les nervis d’ Sarkozy
Sur la sellette
Disent que le juge a tort
Et la meute qui mord
En perd la tête
De Bordeaux à Paris
Crie à l’unisson
Et le juge Gentil
Encaisse les gnons
De tous ces rodomonts
Insultant sa fonction
Et les enquêtes
Balkany, Morano
Et même son
Nègre, pas des cadeaux
Le compte est bon
Et sous ses cheveux gris
Villepinette
Sourit !
On a des haut-le-cœur
En entendant ce chœur
D’ ces gens sans tête
Qui s’ croient autorisés
Du coup à injurier
Un juge honnête
Cette mise en examen
Qui s’coue Paris
C’est trois juges, les copains
Qui l’ont faite jeudi
Car n’oublions jamais
Règne l’égalité
Y a pas d’ vedettes
Qu’on soit ex-président
Ou charcutier
Le juge évidemment
Fait son métier
Il faut bien qu’un beau jour
On paie ses dettes
Toujours !

Chanson : « Sur la sellette » SACEM ©2013
Paroles : Camille
Interprétation : Jean-Marie

Chanson originale : « La chansonnette » (1962)
Paroles : Jean Dréjac
Musique : Philippe Gérard

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel/Camille Gomès, chansonniers

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PLUIE DE PLOMB SUR MARSEILLE « LES BALLES PERDUES »

Jusqu’ici, les assassinats ou les règlements de comptes en région marseillaise n’ont fait que pas ou peu de victimes collatérales ayant eu le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment : pourvu que ça dure. Le pire pourrait bien arriver un jour, hélas…

À Marseille, c’était la guerre,
Dans le milieu, pleuvait le fer
Pour être plus exact, misère,
C’était le plomb des revolvers
Parmi les passants on tirait
Des tas de ball’s sans s’en soucier…
Sans s’en soucier…
Sans s’en soucier…
Sans s’en soucier…
Non je ne me souviens plus
Du nombre de ball’s perdues
Ce dont je me souviens
Ce sont des passants que
La trouille faisait faire sous eux.
On est quand même en France
La sécurité due
D’où la grande importance
Du nombre de ball’s perdues
Non je ne me souviens plus
Du nombre de ball’s perdues
Ce dont je me souviens
C’est qu’elles ont touché deux
Qui passaient, pauvres vieux
Tués pour rien…
Tués pour rien…
Sous les yeux de la Bonne-Mère,
En se moquant pas mal de Dieu
On vit se flinguer les gangsters
À la mitraille, aux coups de feu
Parmi les passants ils tiraient
Des tas de ball’s sans s’en soucier…
Sans s’en soucier…
Sans s’en soucier…
Sans s’en soucier…
Non je ne me souviens plus
Du nombre de ball’s perdues
Ce dont je me souviens
Ce sont des passants que
La trouille faisait faire sous eux.
On est quand même en France
La sécurité due
D’où la grande importance
Du nombre de ball’s perdues
Non je ne me souviens plus
Du nombre de ball’s perdues
Ce dont je me souviens
C’est qu’elles ont touché deux
Qui passaient, pauvres vieux
Tués pour rien…
Tués pour rien…
Et puis quand survint la police
Ont arrêté et sont partis.
Même devant la chaude piste,
L’agent Blénor n’a pas agi
Au central, recensée la liste
Des tas de ball’s sans s’en soucier…
Sans s’en soucier…
Sans s’en soucier…
Sans s’en soucier…
Non je ne me souviens plus
Du nombre de ball’s perdues
Ce dont je me souviens
Ce sont ces deux pauv’ vieux
Qui ne regardaient rien autour d´eux.
Tués dans la lumière,
Tant de gens dans la rue,
Alors la belle affaire
Le nombre de ball’s perdues
Non je ne me souviens plus
Du nombre de ball’s perdues
Ce dont je me souviens
C´est de ces pauvres vieux
Victimes du milieu
Ce n’est pas rien
Ce n’est pas rien

Chanson :  » Les balles perdues » SACEM ©2013
Paroles : Camille
Chant : Jean-Marie

Chanson originale :  » Le p’tit bal perdu » (connu aussi sous le titre « C’était bien », 1962)
Paroles : Robert Nyel
Musique : Gaby Verlor

LE CARNAVAL DES Z’ANIMAUX (« Ces temps sont difficiles »)

Entendu à l’entrée d’un tipi :
– Hugh ! Moi chercher Vache Folle…
– Hugh toi-même ! Vache Folle faire coming out… lui s’appeler désormais Crazy Horse…

Une drôle d’époque qui s’annonce
Avec ses questions sans réponses
Enfin, je parle des vraies questions
Pas celles de la télévision
Ces temps sont difficiles
Faudrait qu’on cesse de papoter
Sur l’avenir d’ la papauté
Benoît ne fera plus de bulles
C’est fini les conciliabules
Ces temps sont difficiles
Les portes du pénitencier
Se sont r’fermées sur l’héritier
D’Saint-Pierre à Castel Gandolfo
Cent caméras filmant l’info
Ces temps sont difficiles
Et puis y a le ch’val qui fait meuh
Poussez pas, on n’est pas des bœufs
Qu’on retrouve dans les lasagnes
Certains plus qu’au tiercé y gagnent
Ces temps sont difficiles
C’est la crise et le dénuement
Paraît que le gouvernement
Aux pauvres veut en faire cadeau
Ça change du Ron-Ron, du Fido
Ces temps sont difficiles
Certains crèvent de faim à Paname
Mais heureusement, il y a Beckham
C’est sûr qu’ ça va leur tenir chaud
Quand il fera moins de zéro
Ces temps sont difficiles
Et puis, on n’l’a pas dit bien fort
Car l’on veille à notre confort
Retour des farines animales
Excepté pour les cannibales
Ces temps sont difficiles
L’poulet aura le goût d’poisson
La truite aura c’lui du cochon
Mais aucun risque de vache folle
Tout est ok, under control
Ces temps sont difficiles
On a perverti nos cinq sens
Dit Camille plein de bon sens
Ajoutant pour faire un bon mot
C’est l’carnaval des animaux
Ces temps sont difficiles
Et puis soudain on s’aperçoit
Au bout d’un siècle et plus, ma foi
Que l’on empuantit le ciel
Et que c’est caca, le diesel
Ces temps sont difficiles
Comme c’est mauvais pour la santé
Devinez… on va l’augmenter
On fait pareil pour le tabac
Et tant pis pour ceux qui n’roulent pas
Ces temps sont infumables
On va taxer tous les gros nez
Ou bien tous ceux qui puent des pieds
Ou ceux qui ont de grandes tatanes
Il faut bien que l’État zlatane
Ces temps sont impayables

Chanson : « Ces temps sont difficiles » SACEM ©2013
Paroles : Camille
Interprétation : Jean-Marie

Chanson originale : « Les temps difficiles » (1961)
Paroles et musique : Léo Ferré

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel/Camille Gomès, chansonniers