BOUTEFLIKA… FORT ET VERT !

Le contraire eut surpris, voire inquiété les partisans de la démocratie algérienne : Abdelaziz a été réélu « dans un fauteuil », avec une participation modeste, mais un score impressionnant, digne de certains képis étoilés de l’Afrique noire ou de dictatures d’Asie.
Me revient du coup en mémoire une anecdote, forcément fictive (puisque c’était un des grands amis de Nicolas Sarkozy et de nombre de ses proches, en toute amitié purement désintéressée) relative au phare de la démocratie tunisienne bien connu, Zine el-Abidine Ben Ali, réélu en 1999 avec 99,45 %, score alors qualifié « d’honorable »…
Un journaliste occidental lui ayant demandé si une telle confiance de son peuple le rendait complètement heureux, il aurait répondu que non…
– Ah… et que vous manquerait-il pour l’être parfaitement ?
– Le nom et l’adresse des 0,55 % d’opposants !

C’était très lent, c’était croulant,
C’était dans un fauteuil roulant
Ça nous montrait un très vieil homme
Depuis deux ans hors de vision
Venant faire une apparition,
En un mot, c’était un fantôme
À sa manière d’avancer,
À sa façon d’être poussé
D’être géré par deux athlètes
Je compris que j’avais affaire
À quelque quasi centenaire
N’ayant sans doute plus sa tête
Je fus alors un peu perdu
Quand un journaliste éperdu
D’idolâtrie, de révérence
Annonça son identité
Tressant à sa gloire lauriers
Je compris alors ma gourrance
Bouteflika, car c’était lui
Avait voté en Algérie
J’avoue, l’instant en fut magique
Dans l’enveloppe et sans les mains
De son choix mit le bulletin
Plus fort que Majax, magnifique
Dire que serpents ou johas
Contesteraient ce mandat-là
À un génie de son calibre
Et mettraient son âge en avant
Et ses capacités d’autant
En Algérie, la presse est libre
Bouteflika, dans un fauteuil
Est élu, atteignant le seuil
Des quatre-vingts-pour-cent, en maître
On peut se demander du coup
Combien il aurait fait debout
Plus de cent-vingt-pour-cent, peut-être
L’élection se finit ici,
Et Bouteflika reste assis
Sur le pouvoir. Au lit, bien vite !
Si la politique est un sport
Ses règlements, on est d’accord
Disent : les contrôles, on évite
Car Cupidon, on le sait bien
N’a jamais été pharmacien
Si restent traces de piqûres
Il affirme y être étranger
Laissant responsabilité
À des abeilles n’ayant cure
Qui en douterait serait fou
Y a pas de pot-belge chez nous
Abdelaziz hait les seringues
Il ne prend que des vitamines
Cent-pour-cent jus de mandarines
Le mannequin pisse devient dingue
Vous, les jaloux mal informés
Tout va quand on a la santé
Et je vous souhaite à tous la même
Bouteflika le président
Va aussi bien que Mitterrand
Comprenez donc pourquoi on l’aime
C’est l’honneur du peuple algérien
D’avoir désigné pour demain
Ce candidat pour sa jeunesse
Connaissant sa situation
Son mal-être, son affliction
Quelle Algérie enchanteresse !
Connaissant sa situation
Son mal-être, son affliction
Quelle Algérie enchanteresse !

Chanson : « Boutefantôme » SACEM © 2014
Paroles : Camille
Guitares et interprétation : Jean-Marie

Chanson originale : « Le fantôme » (1966)
Paroles et musique : Georges Brassens

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel/Camille Gomès, chansonniers

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