PAS CONX, LE FONX… (« Macron et les ronds-de-cuir »)

La mode est au safari : non au paisible, photographique, mais au vrai, au sanglant, au brutal, visant à tuer, voire à faire disparaître parfois des espèces menacées, partout sur la planète de l’Homme. Depuis bien des années, nos élites chassent le fonx…
Le fonx est un animal domestique obéissant, docile, bien élevé, que l’on trouve partout dans nos régions, le plus répandu étant le fonx basicus ; Paris et quelques grandes villes ayant la chance d’avoir de nombreux représentants du fonx altus, bien plus rare et donc bien plus cher. Car l’entretien des fonx, aux yeux de beaucoup, serait un puits sans fonx.
Pourtant, à sa décharge, le fonx ne se reproduit pas (bien qu’il essaie souvent avec d’autres fonx, cela même sur son lieu de travail) : sa chasse permanente vise donc à une extermination totale à court terme.
Mobilisons-nous pour sauver le fonx ! Tous ensemble, tous ensemble ! Ouais, ouais !

Vous les bons franchouillards, grognons, atrabilaires
Qui si souvent pestez vous plaignant de trop peu
De services, épargnez le brave fonctionnaire
Cinquième roue du char, car il fait ce qu’il peut
Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Y en a derrière…
Un jour, à l’Intérieur, désert à l’évidence
Un brave homme dormait sur son bureau ciré
Clemenceau incita son chef à l’indulgence
« Ne le réveillez pas, le pauvre, il s’en irait ! »
Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Y en a derrière…
Car s’ils s’en vont parfois, c’est déjà qu’ils arrivent
Et les réveils sont durs à remonter ma foi (pas de blanc avant ma foi)
Dans les pannes électriques qui de courant les privent
Ils arrivent bien tous, oui mais dans quel état
Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Y en a derrière…
L’Etat, oui, parlons-en, parlons de l’Etat frère
Que nous imaginons respectant nos consœurs
Ce n’est qu’un phallocrate, macho autoritaire
Au point qu’il interdit de crier : « Et ta sœur ? »
Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Y en a derrière…
La journée de ces dames est longue, il faut comprendre
Que si vous attendez parfois pendant des heures
C’est qu’il faut éplucher des légumes bien tendres
Qu’ils soient tout prêts, le soir, pour leur autocuiseur
Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Y en a derrière…
C’est à pied, à cheval, parfois même en voiture
Que vous les emmerdez, les pauvres cheminots
Ces rares jours de grève montrent votre imposture
Vous n’avez d’autre choix pour aller au boulot
Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Y en a derrière…
Pensez donc à l’agent, gestionnaire docile
(l’Etat vous doit un stage et plus rien dans les caisses)
Forcé de vous écrire à votre domicile
« On ne peut vous payer, on n’a pas votre adresse »
Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Y en a derrière…
Ce dossier refusé, sans moyen de riposte
C’est parce que vous vous êtes trompé d’imprimé
Même si c’est celui envoyé par la poste
Vous auriez dû savoir qu’il était périmé
Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Y en a derrière…
Pour autant n’allez pas vous plaindre car c’est pire
Sans mauvais sang non plus, même pour aguicher
Car dans tout fonctionnaire, il sommeille un vampire
Et vous serez exsangue au sortir du guichet
Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Y en a derrière…
Quand vous apercevrez, sur le bord d’une route
Trois ouvriers dormant appuyés sur trois pelles
Alors qu’un autre, lui, travaille à grosses gouttes
C’est qu’une quatrième manquait à l’appel
Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Y en a derrière…
Vous perdez vos papiers, bast, séchez donc vos larmes
Mais quand vous irez le signaler d’un bon pied
Ne vous étonnez pas si le brave gendarme
Commence par demander : « Vous avez vos papiers ? »
Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Y en a derrière…
J’arrêterai ici cette trop longue liste :
Vous l’auriez deviné, je n’en crois pas un mot
Il faut rire de tout, je suis un humoriste
Fonctionnaire moi-même, et j’écris du bureau.
Ne jetez pas la pierre au brave fonctionnaire.

Chanson : « Macron et les ronds-de-cuir » SACEM ©2008
Paroles : Camille
Guitares et interprétation : Jean-Marie

Chanson originale : « A l’ombre des maris » (1972)
Paroles et musique : Georges Brassens

Credits images : http://www.aht.li/2737946/CREDITS_IMAGES_FONCTIONNAIRES.odt

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel/Camille Gomès,chansonniers

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