LE MILLION ! LE MILLION ! (« Vas-y, patron! »)

« C’est pas qu’on soit curieux mais… où qu’il est mon million ? « eut exigé Henri Krazuckiki en serrant vigoureusement celui de Pierre Gattaz. « Hein ? Où qu’il est passé ? Sinon, vous rendez les sous ! C’est que ça en fait de l’argent, trente-six mille milliards d’euros… euh… trente-six mille millions d’euros, ce qui en nouveaux francs représente exactement… représente très exactement… beaucoup trop ! Et où qu’il est mon million d’emplois promis, hein ? Avec tout cet argent, on pouvait en faire des choses, surtout avec des bénévoles ou des travailleurs exploités. Moi, j’aurais siégé à la Cour des comptes, et on aurait vu ce qu’on aurait vu … Allez, tous ensemble avec moi : Le million ! Le million !  »

Quand de tes blanches mimines
Tu roules dans la farine
Syndicats et travailleurs
En les arrosant de pleurs
Tu annonces un précipice
Quand s’enflent tes bénéfices
Tu dis qu’il y a d’l’eau dans l’gaz
Et tu nous la joues Gattaz
La ï la ï ho, la ï la ï ho ï hé
Vas-y, patron ! Vas-y, patron !
Maintenant que tu as eu tes sous
Crée du travail, vieux grippe-sou
Vas-y, patron ! Vas-y, patron !
L’argent, tu l’as empoché
Te reste plus qu’à embaucher
Quand on pense à tout ce fric
D’un montant macronomique
Devant servir, non d’ fromage
Mais à baisser le chômage
T’as pris une sacrée portion
Presque tout le reblochon
On attend toujours nos croûtes
Qu’on aura coûte que coûte
La ï la ï ho, la ï la ï ho ï hé
Vas-y, patron ! Vas-y, patron !
Maintenant que tu as eu tes sous
Crée du travail, vieux grippe-sou
Vas-y, patron ! Vas-y, patron !
L’argent, tu l’as empoché
Te reste plus qu’à embaucher
Il te faudra bien pourtant
Un jour, face aux mécontents
Nous montrer l’ fameux million
D’emplois créés, nom de nom
Nous allons changer de rôle
Quitte à t’envoyer en taule
Pour abus de biens sociaux
Au détriment des prolos
La ï la ï ho, la ï la ï ho ï hé
Doucement, patron ! Doucement, patron !
Paraît qu’il y a des emplois pour nous
N’en faites pas trop tout d’un coup
Doucement, patron ! Doucement, patron !
Du moment qu’on a les sous
On n’est pas plus pressés qu’vous
La ï la ï ho, la ï la ï ho ï hé…

Chanson : « Vas-y, patron ! » (c) 2016
Paroles : Camille
Interprétation : Jean-Marie

Chanson originale : « Merci, patron ! » (1971)
Paroles : Gérard Rinaldi
Musique : Luis Rego

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel & Camille Gomès, chansonniers

SARKO, LE LIVRE DE TROP ? (« Qu’on ne voie que moi »)

« La France POUR la vie » ? Il paraîtra lundi… je ne l’ai donc pas lu, pas plus que Nicolas, je présume, donc je suis légitime pour en parler, autant que lui.
« J’entends déjà les commentaires, l’gaucho ferait mieux de se taire…
Il suffirait de presque rien » pourtant pour préciser ma pensée.
Déjà une légitime suspicion de principe… je connais peu d’écrivains n’aimant pas lire et méprisant la littérature publiquement… mais bon, ma Princesse n’a rien contre les trêves, surtout quand on tire les rois…
Je peux comprendre que à partir d’un petit mal entendu, on cherche à se faire éditer, voire exhaussé, à compte de hauteur ou via un parti, mais bon…
– Bonjour, c’est pour le Sarkothon !
– On a déjà donné !
– Oui, mais Sarkozy a changé !
– Ben nous, non !
– C’est-à-dire ?
– Ben on a encore mal au cul et on n’a pas Alzheimer… alors, vous savez quoi ? laissez-nous vos coordonnées… quand on l’aura, on vous rappellera… si on s’en souvient…

Qu’on ne voie qu’moi
Sur l’écran, dans la presse
Qu’on ne voie qu’moi
Qu’on parle de Nicolas
Plus de Juppé, de Bertrand, de Pécresse
Plus d’Estrosi ou du Copé d’mes fesses
Qu’on ne voie qu’moi
Saoulant jusqu’à l’ivresse
Mais qu’on n’voie, mais qu’on n’voie qu’moi
Mon but évident ? Vous faire oublier
À quel point mon bilan fut détestable
Un autre important, me faire oublier
De la Justice au pouvoir redoutable
Qu’on ne voie qu’moi
Sur l’écran, dans la presse
Qu’on ne voie qu’moi
Qu’on parle de Nicolas
Plus de Juppé, de Bertrand, de Pécresse
Plus d’Estrosi ou du Copé d’mes fesses
Qu’on ne voie qu’moi
Saoulant jusqu’à l’ivresse
Mais qu’on n’voie, mais qu’on n’voie qu’moi
Je ne connaissais pas ce « Pygmalion »
À la télé, souvenez-vous naguère
J’aurai tout le temps, si j’vais en prison
De parcourir mon bouquin, je n’lis guère
Qu’on ne voie qu’moi
Sur l’écran, dans la presse
Qu’on ne voie qu’moi
Qu’on parle de Nicolas
Plus de Juppé, de Bertrand, de Pécresse
Plus d’Estrosi ou du Copé d’mes fesses
Qu’on ne voie qu’moi
Saoulant jusqu’à l’ivresse
Mais qu’on n’voie, mais qu’on n’voie qu’moi
Ne le ratez pas, « La France pour la vie »
C’est ce lundi, Français, qu’il va paraître
On a tous des mots plus ou moins chéris
Mon préféré, je l’avoue, c’est paraître
Qu’on ne voie qu’moi
Sur l’écran, dans la presse
Qu’on ne voie qu’moi
Qu’on parle de Nicolas
Un quitte ou double tant je suis en détresse
En espérant que cela n’se voit pas

Chanson : « Qu’on ne voie que moi » (c) 2016
Paroles : Camille
Guitare et interprétation : Jean-Marie

Chanson originale : « Parlez-moi d’moi » (1980)
Paroles et musique : Guy Béart

LE POIDS DES Z’ANS ! (« Allez Maman dodo »)

 

Le temps qui passe nuit aux carcasses du genre humain et notre obsolescence programmée, progressive dans ses effets, va jusqu’à nous faire découvrir tardivement des zones de notre corps jusque là terres inconnues.
« Coucou ! c’est nous, c’est Derrick ! » , entend-on un beau matin provenant d’une douleur jusqu’alors muette, petite voix noyée dans le chœur en toc de nos régulières, à cet âge où si au réveil, on n’en ressent aucune, c’est qu’on est mort durant la nuit.
Mais deuxcopainsdabord est là pour vous donner LE truc imparable quand vous avez mal partout : tapez-vous le pouce ou le gros orteil, madame, avec un marteau et vous, monsieur, là ou ailleurs ! Vous verrez qu’aussitôt, grâce à nos bons conseils, vous n’aurez plus mal partout, mais à un endroit seulement ! Quelle avancée médicale !
On dit : « Merci, qui ? Mmm ?  »

Mal partout dès que j’ mets un pied par terre
On n’a qu’ l’âge de ses artères
J’ suis pas l’ seul, on est nombreux sur cette Terre
Face à l’âge, y a rien à faire
Qu’ t’ habites en campagne ou bien en ville
Avec le temps, tu d’viens fragile
Allez Maman dodo
Vivre plus vieux, c’est pas toujours cadeau
Allez Maman dodo
Allez Maman dodo
Si un keuf m’ dit : « Vite, les mains en l’air »
J’ suis bon pour son revolver
J’ suis trop vieux, et se déplacent mes raideurs
C’est normal, m’a dit l’ docteur
Je suis fatigué et malhabile
Vivre vieux, c’est pas si facile
Allez Maman dodo
Vivre plus vieux, c’est pas toujours cadeau
Allez Maman dodo
Allez Maman dodo
Mal aux hanches, mal au dos et mal au cou
Maman m’appelle « Tamalou »
Maman, c’est ma compagne, c’est mon cœur
Dommage qu’elle n’ soit pas masseur
Quand on parle médoc à la maison
Y a pas besoin d’un tire-bouchon
Allez Maman dodo
Vivre plus vieux, c’est pas toujours cadeau
Allez Maman dodo
Allez Maman dodo
Mal partout dès que j’ mets un pied par terre
On n’a qu’ l’âge de ses artères
J’ suis pas l’ seul, on est nombreux sur cette Terre
Face à l’âge, y a rien à faire
Qu’ t’ habites en campagne ou bien en ville
Avec le temps, tu d’viens fragile
Allez Maman dodo
Vivre plus vieux, c’est pas toujours cadeau
Allez Maman dodo
Allez Maman dodo

Chanson :  » Allez Maman dodo » © 2016
Paroles : Camille
Interprétation : Jean-Marie

Chanson originale :  » Allô Maman bobo » (1977)
Musique : Laurent Voulzy
Paroles : Alain Souchon

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel/Camille Gomès,chansonniers

ALLO TONTON ? (« Le vieux Tonton »)

 

En ces temps curieux où la mode voudrait que les politiques s’arrogent le droit de faire parler les morts en trahissant souvent les personnes, les idées et les mots de nos chers disparus, nous avons décidé d’utiliser les grands moyens et d’entrer réellement en communication avec l’au-delà. Mon ami Krysthal, grand médium hindou, nous ayant obligeamment prêté l’une de ses boules, voici le message que nous avons délivré à travers elle dans « l’éthernité »… nous vous communiquerons bien évidemment toute réponse à réception : à suivre donc…

Il y a vingt ans, passe le temps, mon vieux Tonton
Que tu es parti, façon momie d’ Toutânhkarton
Comptant tes os, voir si les forces de l’esprit
Étaient bien telles, simple mortel, que tu prédis
Vingt ans déjà qu’ tous les oui-ja d’ Solférino
Jouent aux sorciers, baisant tes pieds et ton anneau
Faut dire, François, que depuis toi, c’est l’no man’s land
Chirac, Sarko, drôles de cocos, et puis Hollande
Pas si fastoche d’être de gauche, tu le sais bien
On n’a l’ pouvoir qu’en succédant à bons-à-rien
D’où les erreurs, mais vainqueur a obligation
Tel une fée, de tout changer, tournicoton
Tonton, mon cher, il doit te plaire, l’ bordel ambiant
Tant sont débiles, tous ces ‘béciles, tous ces clients
Tous déjà là, même Nicolas, tissant sa toile
Si patiemment, de président visant l’étoile
Dire que certains, pas très malins, te trouvaient vieux
Homme trop mûr, je te rassure, on a fait mieux
Voilà-t-y pas qu’ l’avenir a pour nom Juppé
Si à Sarko ou aux fachos veut échapper
Tonton, pitié, en vérité, demande insigne,
Fais quelque chose, et à la rose, envoie un signe
Et aux gauchos de Mélenchaud, aux écolos
Explique bien qu’il n’y a rien là de rigolo
Quand se voit reine déjà le Pen, j’voudrais, Tonton
Si t’es un homme, même un fantôme, apparition
Tu as sûrement, ex-président, dans l’au-delà
Tous les moyens de faire ça bien, linceul de soie
À gauche de Dieu, c’est toujours mieux, Il me l’a dit
Car très sagace, n’quitte pas sa place, Il reste assis
Certains bruits courent, connus des sourds, ton ambition
Est bien connue, tu l’as dans l’fût, mon vieux Tonton

Chanson :  » Le vieux Tonton » (c) 2016
Paroles : Camille
Guitare et interprétation : Jean-Marie

Chanson originale :  » Le vieux Léon » (1958)
Paroles et musique : Georges Brassens

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel/Camille Gomès, chansonniers

LE JOUR DES MENTEURS (« Résolutions »)


Le voici donc arrivé, le jour des promesses et des complimenteurs.
Celui où l’on souhaite à de parfaits inconnus ou à de vagues connaissances dont le sort ne nous chaut que peu les mêmes vœux sincères de santé, de bonheur et de prospérité qu’aux êtres qui nous sont les plus chers, tradition et éducation obligent.
Celui aussi où les politiques de tous bords rivalisent, les yeux dans vos yeux, la main droite sur leur cœur et la gauche dans la poche d’un autre, de déclarations d’honnêteté, d’intérêt pour votre personne et pour votre voix à venir.
Celui hélas aussi où, soi-même, on prend de bonnes résolutions, promis, juré, craché, souvent non tenues à terme…
Dans tous les cas, les deux copains d’abord vous présentent leurs meilleurs vœux de santé, de bonheur et de prospérité pour l’année qui vient, en vous promettant de ne pas recommencer avant l’an prochain.

Ils vont prendre de bonnes résolutions
Juré, les frérots
Et cochon qui s’en dédit
Vous allez voir leur évolution
Sans rire, les poteaux
De tous, même Sarkozy
Le sérum de vérité, obligation
Tous les menteurs feront leur coming-out
Car tout ce qu’on sait d’eux… c’est light, c’est light, c’est light

Il n’y a pas d’autre solution
En fait, les frérots
Tant ils nous prennent pour des ânes
Que ce soit François, Marine, Nico
Parfois, les poteaux
Si on les passait au scan ?
Le grand problème, c’est de savoir auquel
Tant les médias sont partiaux ou partiels
Comment tout savoir d’eux… c’est light, c’est light, c’est light

Le respect de la Constitution
Pas vrai, les frérots
Semble un des tests les plus chouettes
Le respect de nos institutions
Pour moi, les poteaux
Certains ne l’ont pas en tête
Certains jamais rien fait, d’autres ont fait trop
Pendant ce temps, d’autres sont au boulot
À vous d’voir, les frérots, qui est light…

Chanson :  » Résolutions » (c) 2016
Paroles : Camille
Interprétation : Jean-Marie

Chanson originale :  » Revolution » (1968)
Paroles et musique : J .Lennon & P. Mc Cartney

Création et réalisation : Jean-Marie Quesnel/Camille Gomès, chansonniers